Mieux chez vous – Le blog
N°4 – juin 2026
Vous avez l’impression de vous être fait avoir, un travail est mal fait, une facture délirante, que faire ?
À cette question difficile je n’ai pas de réponse simple. Mais ce qui est sûr, c’est que le mieux est de mettre toutes les chances de son côté pour ne pas se retrouver dans cette situation.

Ici, un client qui a une petite fuite sur ton tuyau d’arrivée d’eau. Un jour, il voit une camionnette de plombier garée par hasard devant sa maison. Il interpelle le plombier qui vient voir sa fuite et la lui répare. Sur la facture :
- Déplacement hors CUS : 65€ (alors qu’il était sur place, il n’est pas venu de Strasbourg exprès)
- Recherche de fuite : 230€ (= 2 à 3h de main d’œuvre alors que le client lui a montré la fuite)
- Dépannage : 180€ (pour 1/2h de travail…)
- Majoration samedi soir 50%, que finalement il ne compte pas (bon prince !)
Total : 475 € HT soit 522,50 TTC.
C’est ce que j’appelle la honte de la profession. Le client a payé, ne sachant pas trop quoi dire…
Alors comment éviter de se mettre dans une telle situation ?
1 – Savoir à qui l’on a affaire
Un artisan doit être déclaré à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA), une entreprise doit être déclarée à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI).
Leur devis doit mentionner leur numéro de SIRET (identification de l’entreprise), à partir duquel vous pouvez vérifier la licéité de l’entreprise.
Annuaire officiel des entreprises : https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/
2 – L’assurance RC Pro, l’assurance décennale
Tout professionnel doit être assuré (Responsabilité Civile professionnelle), au cas où il casserait un vase (ou causerait des dégâts plus importants).
Concernant les travaux du bâtiment, certains sont soumis à une garantie décennale (l’assurance est alors obligatoire).
Le devis ou les Conditions Générales de Vente (CGV) doivent mentionner le nom de l’assureur et le numéro de contrat. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez demander une attestation d’assurance.
Il peut sembler « inconvenant » de demander une attestation d’assurance, et pourtant… n’attendez pas d’être en difficulté pour vous en préoccuper ! S’il y a un souci qui mérite la prise en charge de l’assurance décennale après quelques années, et que l’artisan a cessé son activité, vous aurez besoin de l’attestation d’assurance et il ne sera plus là pour vous la donner.
3 – Les mentions obligatoires
Les devis et les factures sont soumis à un certain nombre de mentions obligatoires. Je ferai un article dédié pour cela.
4 – Le travail mal fait
Règle numéro 1 : on ne règle jamais la facture tant que les travaux ne sont pas finis !
Règle numéro 2 : si quelque chose est mal fait, on le dit tout de suite.
N’attendez pas la fin du chantier (dans la mesure du possible), un truc pas droit, un machin qui ne ferme pas bien, un bidule qui grince ou que sais-je, vérifiez bien tout avant de dire que tout va bien.
5 – Les factures délirantes
La facture doit correspondre au devis. En cas de demande particulière de votre part, ou d’aléa pendant le chantier, l’entreprise doit vous prévenir et vous proposer un avenant (que vous acceptez ou refusez).
Avant d’accepter, relisez bien le devis pour savoir si l’aléa mérite un avenant ou s’il est à la charge de l’entreprise.
Exemple 1
Le devis indique « salle de bain clé en main comprenant une douche, un lavabo et un sèche serviette », l’artisan se rend compte pendant le chantier qu’il va devoir casser la dalle pour rallonger un tuyau d’évacuation… c’est son problème !
Exemple 2
Alors qu’il raccorde la nouvelle douche au tuyau d’évacuation existant, l’artisan constate que celui-ci est percé un peu plus loin. Il peut vous proposer de le changer sur toute la longueur (à vos frais), mais vous fait un avenant.
Pour un dépannage urgent, l’artisan ou l’entreprise a deux obligations légales : vous indiquer ses tarifs avant l’intervention, et vous laisser les pièces HS (qui vous permettront éventuellement de faire vérifier après coup la pertinence des les avoir changées).
Les tarifs doivent être indiqués TTC et être complets (pièces, main d’œuvre, déplacement etc, tous les frais qui seront facturés). Le principe est simple : il ne doit pas y avoir de « mauvaise surprise », et vous devez savoir ce que cela va vous coûter.
Finalement en cas de souci, que faire ?
Dans l’ordre :
- En parler en direct avec l’intervenant, l’artisan, l’entreprise. Au plus proche de l’intervention si possible, ou le rappeler pour qu’il vienne voir sinon. Il y a certes des arnaqueurs mais il y a aussi beaucoup de gens honnêtes, ne l’oublions pas.
- En cas de difficultés à trouver une solution ou en cas de mauvaise foi manifeste, contacter le médiateur de l’entreprise. Les artisans également, doivent être affiliés à un médiateur (mentionné dans les CGV).
- Si aucune solution n’est trouvée avec le médiateur, on peut actionner la justice (droit civil).
On peut aussi ne rien faire, laisser l’indélicat emporter sa malfaçon ou son arnaque au paradis. On y perd sur un tableau, mais on y gagne sur un autre : moins de temps perdu, d’énergie engagée, de stress, de tracas, de contrariété…
Au fond, à vous de trouver la meilleure solution pour vous-mêmes.