Mieux chez vous – La Lettre
N°5 – juin 2026
Cirer un meuble

Bien qu’il y ait probablement autant de méthodes que de personnes pour cirer un meuble, voici celle que m’a donnée le vendeur d’un fabricant de meubles qui repassait régulièrement ses meubles à la cire, méthode que j’utilise toujours aujourd’hui.
1 – traiter les traces de coups et d’ongles
En général, si vos meubles ressemblent aux miens, ils sont poussiéreux et pétris de traces d’ongles ou de rayures.

Cela mérite évidemment un coup de chiffon, et avant de se mettre à la cire on peut commencer par l’eau. Prenez du coton (du classique pas cher) et arrachez des petits bouts que vous trempez dans l’eau (sans que ça dégouline).
Vous les collez ensuite sur chaque marque d’ongle et vous attendez quelques heures voire le lendemain que ça ait séché. Le coton se sera décollé tout seul.

Cette étape n’est pas indispensable mais l’intérêt est de permettre aux fibres abîmées de se regonfler un peu. Pour être très honnête je n’ai pratiqué cette préparation que très rarement, mais si vous avez la patience ça ne peut pas être plus mal, au contraire !
2 – Préparer sa cire et son pinceau
Pour commencer, voici le matériel à avoir (+ une grande boîte de conserve vide, non visible sur la photo).

Contrairement à ce que je pensais, étaler la cire avec un chiffon n’est pas une bonne idée. Cela fonctionne mais on risque de mettre autant de cire sur le chiffon que sur le meuble, ce qui n’est pas très économique.
La cire s’étale donc avec un pinceau plat et large (au moins 80 mm).
Quelques semaines après avoir été utilisé, le pinceau va durcir. Pour pouvoir le réutiliser, juste verser quelques millilitres d’essence de térébenthine dans une boîte de conserve, laisser le pinceau l’absorber, et quelques minutes plus tard on pourra l’assouplir dans la boîte.

De même il faut ramollir un peu la cire avant de l’utiliser, et pour cela verser 1 ml de térébenthine dans le creux du bloc.

Le voilà prêt à l’emploi, et régulièrement au cours du travail il faudra remettre quelques gouttes.
3 – Étaler la cire
Ensuite, eh bien… le pinceau dans le creux entre le pouce et l’index (tenu un peu comme un stylo), et l’idée est de mettre une couche fine et rapide.
Le lendemain on passe un coup de chiffon. Personnellement je n’aime pas la laine car ça me laisse des fibres, donc j’utilise un chiffon en lin.
Quelques « tours de main » que m’a indiqué ce vendeur :
- C’est comme la peinture : mieux vaut deux couches fines qu’une couche épaisse,
- Si l’on doit enlever de la cire parce qu’on en a mis trop, c’est l’essence de térébenthine qui permet de le faire (mouiller davantage le pinceau, étaler la térébenthine et essuyer avec un chiffon).
- Si l’étalement est hétérogène et qu’on veut « lisser » l’ensemble, pareil : mouiller davantage avec de la térébenthine (quoique je n’aime pas trop faire cela car ça a tendance à laisser des traces de pinceau, ce qui n’est pas le but).
Bonus – Effacer une trace d’eau
Un invité indélicat a posé son verre d’apéro bien frais sur votre commode, et la condensation a laissé une trace… Que faire ?

Charger votre pinceau en térébenthine (quelques gouttes, maximum 1 ml au fond de la boîte pour que le pinceau soit humide), et barbouiller la zone. Bien sûr, ça va enlever / homogénéiser la cire présente, donc mieux vaudra continuer sur la surface entière.

Dès que la térébenthine s’est évaporée, passer une couche de cire normalement.
Si vous avez de la chance (c’est-à-dire si la trace d’eau n’a attaqué que la cire), la trace est effacée :

Si vous n’avez pas de chance (c’est-à-dire si l’eau à imprégné et décoloré le bois), il restera une trace :

Et dans ce cas deux solutions : laisser tel quel ou tout refaire.
Tout refaire = tout enlever : térébenthine + chiffon pour enlever le plus gros de la cire ; passer un coup de racloir et poncer quand il n’y a vraiment plus rien (sinon on peut passer un bon paquet d’abrasif). Quand le bois est revenu à l’état brut, on repart à zéro.
L’option 1 (laisser tel quel) a plusieurs avantages :
- C’est beaucoup plus rapide !
- Ce n’est pas forcément très visible car plus on remet de cire, plus ça fonce, moins ça se voit,
- L’inconvénient de l’option 2 est que le plateau du meuble risque de différer de l’aspect du reste du meuble.
- Les traces d’ongle et de verre, c’est un peu la vie d’un meuble… ou alors on prend du plastique ou du métal pour être tranquille !
De même pour les rayures, elles vont se charger de cire, seront autant visibles qu’avant, mais au lieu d’être blanches elles seront marron. C’est à mon avis plus élégant comme ça !
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